Sécurité

La spéculation foncière fait partie des impacts du développement des activités économiques de la zone. En milieu rural, notamment dans le District de Betroka, les conflits fonciers deviennent importants.
D’une part, ils sont synonymes d’un intérêt croissant pour les activités agricoles, intérêt stimulé par les potentialités locales. Mais d’autre part, le recul de l’élevage extensif traditionnel fait de la reconversion vers l’agriculture un phénomène de compensation.
En ce qui concerne les petites mines, elles sont naturellement plus difficiles à encadrer que les grandes et ce sur tous les aspects (financiers, fiscaux, sécurité).
Une ambiance délétère violente règne généralement sur les sites, bouleverse les structures sociales et territoriales locales, monétarise à outrance les rapports entre les individus. Mais ce sont les vols de bœufs qui pénalisent le plus le développement de l’Anosy.

P1000633 P1000595Le vol de bœufs dans le Sud de Madagascar
Dans les régions d’éleveurs, le vol peut être considéré comme un acte d’éclat synonyme d’honneur et de courage, autant de qualités dont veut se parer tout célibataire désireux de prendre femme. Galvanisés par l’idée d’une considération sociale démultipliée, certains n’hésitent pas à dépasser les limites autorisées et commettent des razzias. Le bœuf est un animal “sacré” et avoir un cheptel important confère dignité et légitime le pouvoir sur l’espace (terrains de parcours, territoires ancestraux).

Le vol de bœufs dans l’Anosy
Récemment, la question sécuritaire dans l’Anosy se trouve au centre des préoccupations nationales. Plusieurs localités sont concernées dans les districts de Tolagnaro et d’Amboasary Atsimo dont Ranomafana, Esira, Mahaly, Elonty, Tsivory, Sampona, Bekolintsa, Iabohazo.
Les « dahalo » ou “malaso” mettent en œuvre un mode opératoire nouveau : une centaine d’éléments pouvant comprendre des femmes équipés d’armes de guerre, des stratégies et des tactiques militaires. Un réseau solide de complicité dont des villages entiers facilite le travail. Certains les approvisionnent, d’autres les équipent en armement, d’autres éléments fournissent et les « aoly » et les informations.
Du point de vue de la sécurité, le District de Betroka semble être aussi un microcosme dont la vie est gérée par des règles particulières bien que le phénomène « malaso » soit le dénominateur commun au Grand Sud.
En effet, pour le Bara, le vol de bœuf était une sorte sport auquel étaient conviés tous les mâles dignes de ce nom. Le but du jeu n’a jamais été d’appauvrir son prochain. Les notables aujourd’hui souvent remplacés par des élus procédant au « fanavahana ». En effet en cas d’arrestation du voleur par la communauté, le « fanavahana » consiste à restituer un certain nombre de zébus au propriétaire selon les clauses du « dina ».

DSC_0348_2 DSC_0351_3Des solutions sont pourtant à portée de main dont la surveillance des zones de passage d bœufs (les kizo de l’Andriry), la suppression des marchés clandestins « tsenan’ny malaso » qui se trouveraient entre Betroka‐Ihosy et Ambalavao mais surtout l’utilisation de troupes héliportées. Mais une des solutions les plus appropriées est à caractère culturel. En effet si le voleur est du groupe ethnique Bara, la propension à la récidive est faible s’il purge sa peine en dehors de sa région d’origine.
La recrudescence des vols de bœufs bouleverse aujourd’hui l’organisation socio‐économique des communautés. Elle a comme effet le plus visible la disparition des hameaux isolés à cause de l’insécurité, la mise en jachère de terrain de culture éloignés et le regroupement des populations dans de gros villages. Aussi en est‐il du développement d’agglomérations comme Betroka ou Isoanala et le déclenchement de mouvement de population vers des zones où l’élevage extensif traditionnel peut encore se développer en toute quiétude.